Les cours et ateliers à l’académie

86 adhérents composent l’Académie cette année ! Cours et ateliers se déroulent dans des ambiances conviviales et créatives. Et dont voici quelques nouvelles et photos !

Le modèle vivant

Les cours de Modèle Vivant expérimentent en ce moment de nouvelles techniques type le feutre.

Le dessin narratif

Le cours de dessin narratif est un temps d’exploration de l’image qui raconte, et des moyens que l’on peut mettre en place pour réaliser cette image. Les élèves sont invités à s’intéresser à l’intention : qu’est-ce que l’on veut dire, exprimer, quelle histoire veut-on raconter par le dessin ?
Et approfondissent dans un même temps les outils et les moyens techniques pour construire celle-ci.

Depuis le début de l’année, ont été abordés le personnage (structure, posture, expression), la mise en place d’un environnement, la notion de perspective et la vision dans l’espace, les mélanges de couleurs, l’expression par la couleur (sans figuration), la composition.

Plusieurs outils et techniques ont été expérimentés : crayons (graphite et couleur), aquarelle, encre (plume, pinceau), mine de plomb, feutres, pastels, collage…

Petit à petit, chacun.e avance sur son chemin, avec ses préférences, ses peurs, ses couleurs et ses envies. Ici, le dessin « bien fait » ou « joli » n’est pas ce qui est forcément recherché. Chacun travaille à son rythme et niveau.

L’Exploration graphique

Des séances de collage ont été consacrées à l’image hybride ainsi qu’une séance sur les mains et le modelé de la lumière chez De Vinci.

Il y a de la craie grasse autour des travaux sur les reflets et les représentations de l’eau. De l’acrylique pour les architectures et du crayon de couleur pour le dessin d’observation.

La peinture à l’huile

Les cours de peinture à l’huile sont à la fois détendus et exigeants, très adaptables à ce que désire les élèves. En début d’année, les bases de la peinture à l’huile ont été vues par tout le monde. Maintenant place aux exercices « copies de maîtres » proposés aux nouveaux arrivants et pour les anciens ou les plus avancés, ils peuvent se lancer sur des projets plus personnels, avec de la composition, de la stylisation, du « à la manière de ».

Avec David, le cours et ses conseils évoluent à mesure de sa pratique et des échanges avec ses élèves. L’enseignement est adaptable aux autres médiums, si les élèves souhaitent travailler de leur côté d’autres aspects : composition, couleur, dessin….

Les ateliers

Le groupe du jeudi après-midi est très sympathique, c’est un moment joyeux et convivial où les discussions , les pinceaux, les pastels , les crayons et les ciseaux vont bon train ! Chacune des adhérentes suit son chemin :
Véronique P. revisite les artistes de l’avant garde Russe, Réjane travaille le pastel avec conviction, Corinne découpe et organise un monde particulier, Nolwenn est aussi une adepte du pastel, Véronique F travaille à l’encre de chine les taches et les coulures. Le moment du goûter permet de faire une pause ….. 🙂

L’atelier d’expression libre du jeudi travaille depuis fin septembre sur le projet d’expo qui aura lieu le 1er week-end de juin.

Les gueules cassées qui sont le sujet de l’année , vont être traitées en peinture , raku , sculpture sur béton … elles seront retournées dans tous les sens quitte à être parfois hors sujet ! L’important est de s’amuser 🙂

L’atelier libre du modèle vivant du jeudi soir permet à chacun d’expérimenter et de s’exprimer avec son style et les outils de son choix. L’essentiel est de dessiner sans contrainte, de prendre un moment de plaisir à exercer librement son regard face au corps et ses lumières.

A l’atelier de gravure de l’Académie du Moulin, l’état d’esprit décrit par Maurice Maillard guide nos graveuses en toute humilité. La recherche est individuelle  mais elles sont également dans le  partage.

La gravure, l’estampe, sont métaphore de l’engendrement, «papier amoureux, matrice, lange, berceau»… C’est toujours de désir, d’origine et de reproduction qu’il s’agit. Désir d’origine et d’engendrement, Eros préside aux cérémonies de la gravure : bains, caresses, griffures…alliance du sec et de l’humide, du dur et du tendre, du chaud et du froid, de l’eau et du feu, du sucre et de l’acide…La gravure désire, c’est à dire au sens premier, regrette une absence. Quelle absence ? Quel manque la gravure cherche-t-elle à combler ? Vers quoi, vers où se porte-t-elle ? L’estampe est émergence d’un à-venir. L’estampe est autant dessein que dessin, « comme si le dessin était déclaration d’amour destinée ou ordonnée à l’invisibilité de l’autre… » (Jacques Derrida).
De dimensions souvent modestes, l’estampe ne s’offre pas avec ostentation à la contemplation collective, elle accompagne chacun sur des chemins intimes à la découverte de l’instance des choses face au silence de l’horizon et au murmure de l’espace. L’espace du graveur est son champ de métal poli, miroir qui ne réfléchit que la profondeur de ses tailles. L’estampe est l’horizon de la gravure.
Pratiquer la gravure aujourd’hui, interroger la gravure, c’est se placer volontairement hors des modes et des ruptures, dans l’omniprésence du temps et l’universalité de la matière, dans le fondamental et le dérisoire, dans l’économie des moyens et des artifices, dans la permanence de l’obscure clarté, dans la sagesse déraisonnable de l’application et de la transgression de règles imposées par les matières d’œuvre, dans la gravité du jeu, dans l’engendrement du même qui n’est jamais le même, dans une sensibilité inaltérée au lieu du monde et à l’horizon de l’infini.
C’est, à la manière d’Archimède, tracer du doigt dans la poussière les figures de l’énigme.

Maurice Maillard 
Texte publié dans « Nouvelles de l’estampe » N° 189. Juillet-Septembre 2003